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  • sarahfornalik

Tour du monde de la micro-sieste en entreprise

«Dodo», «petit somme», «roupillon»… Il existe un large vocabulaire pour désigner le repos post-déjeunatoire. Le Larousse et Le Petit Robert ont même introduit le terme «siester» dans leur dictionnaire en 2016. Ce phénomène de somnolence après le repas est tout à fait naturel. Pourtant, en France, il a encore mauvaise presse. Il est réservé aux enfants, aux retraités ou aux personnes ayant trop mangé. Le sujet devient encore plus sensible concernant le sommeil sur son lieu de travail. Mais qu’en est-il à l’étranger ? Dans quelles conditions les salariés s’adonnent-ils à la «siesta», «nap» ou «sokete» ? Découvrons ensemble les pratiques de la sieste au travail dans le monde.



L'Asie : championne du monde de la sieste au bureau



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Les Asiatiques sont les champions du monde de la sieste au travail. Au Japon, ils pratiquent l'Inemuri et en Chine la shui wu jiao.



La sieste au travail en Chine : «shui wu jiao»


C’est en 1948 que Mao Zedong fait inscrire le droit à la sieste dans la Constitution chinoise. L’article 43 stipule : «Les travailleurs de la République de Chine ont droit au repos pendant le travail si besoin». À l’instar du yin et du yang, ce «sommeil de midi» («shui wu jiao» en chinois) rétablirait l'harmonie et l'équilibre. La plupart du temps, des dortoirs sont mis à la disposition des employés. Toutefois, certains collaborateurs rapportent carrément leur lit de camp pour siester à côté de leur bureau. D’autres, enfin, préfèrent poser leur tête sur un coussin, à côté de leur clavier.


La sieste au travail au Japon : «inemuri»


Au pays du soleil levant, la coutume est également largement répandue. Elle est même obligatoire dans certaines entreprises. Il faut préciser que les Japonais travaillent beaucoup. 22% d’entre eux exercent leur métier plus de cinquante heures par semaine et ne prennent, en moyenne, que 9 jours de congés par an. De plus, les travailleurs japonais sont ceux qui dorment le moins au monde. Pas étonnant, dans ces conditions, que leur «suimin fusai» (comprenez «dette de sommeil») augmente. C’est pourquoi l’«inemuri» peut être pratiquée en pleine réunion. Elle signifie «dormir tout en étant présent». Dans la culture japonaise, s’octroyer un petit somme après le déjeuner permet de recharger les batteries pour être plus productif l’après-midi. Mais c’est également un moyen de montrer à ses collègues et à sa hiérarchie que l’on a beaucoup travaillé le matin. Certains employés feraient même semblant d’être endormis pour s’attirer les bonnes grâces de leurs supérieurs. Mais ne vous y méprenez pas : le droit au repos se mérite. Seuls les salariés les plus chevronnés y ont accès. Les derniers arrivés dans l’entreprise devront faire leurs preuves avant de pouvoir prétendre à un petit «roupillon» sur leur lieu de travail. La sieste en entreprise est pleinement ancrée dans les habitudes de vie des Asiatiques. Cela s'explique, en partie, par la médecine traditionnelle orientale. En effet, celle-ci est basée sur la prévention. Aussi, les habitants sont-ils habitués à prendre soin de leur santé au quotidien. À l’inverse, en Occident, la médecine est principalement palliative. La population est moins sensible aux messages de santé publique et consulte régulièrement un médecin pour se soigner.



L'Occident : des habitudes très variées de la micro-sieste en entreprise


États-Unis : les disparités de la «power nap»


Aux USA, le concept de «sieste éclair» au travail a vu le jour en 2003. Ce sont les employés de Google, qui, les premiers, ont pu en bénéficier. Le géant de l’informatique, souhaitant attirer des talents asiatiques, s’est mis à l’heure nippone. Il a rapidement été suivi par d’autres sociétés de la Silicon Valley telles qu’Amazon ou encore Facebook. L'État de Californie comprend de nombreuses entreprises soucieuses du bien-être de leurs salariés. Dans le reste des États-Unis, en revanche, la micro-sieste est davantage tolérée qu’encouragée.


Espagne : la «siesta» pas si répandue


Dans l’imaginaire collectif, le «petit somme» post-déjeunatoire serait une véritable institution en Espagne. Or, d’après un article de Courrier international, celle-ci serait largement surévaluée. Le quotidien cite une étude de 2009 dans laquelle 58,6 % des Espagnols affirment ne jamais faire de sieste. Le journal précise également que seulement 33 % des Ibériques pratiquent la «siesta» tous les jours contre 34 % des Américains. Cette croyance populaire pourrait s’expliquer par la longueur de la pause méridienne espagnole. En effet, pour supporter les fortes chaleurs, les actifs hispaniques s’octroient une coupure d’environ deux heures.



L’Europe : le mauvais élève de la sieste au travail


À l’origine, les Européens avaient coutume de se reposer après le déjeuner. Puis, au XIXe siècle, la Révolution industrielle a mis fin à cette pratique. Le développement des usines a créé un besoin en main-d’œuvre 24h/24. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, acteurs phares de cette mutation, ont alors abandonné cette habitude. Si depuis, le monde du travail a changé, les mœurs ne se sont pas encore toutes adaptées.


Royaume-Uni : une culture anti-sieste


D’après le professeur en neurosciences Vincent Walsh, les actifs anglais sont profondément attachés à ne dormir que la nuit. Ils préfèrent lutter contre la somnolence du début d’après-midi plutôt que de se laisser aller dans les bras de Morphée au bureau. Ce comportement explique toutefois que les Anglo-saxons quittent leur lieu de travail tôt en fin de journée.


Europe centrale et Europe du Nord : le repos au travail encore peu démocratisé


Au début des années 2010, la micro-sieste en entreprise est arrivée sur le continent européen. Outre-Rhin, les sociétés BASF, Opel et Lufthansa sont les premières à adopter cette nouvelle tendance. Depuis plusieurs années, les syndicats allemands se battent pour faire valoir le droit à l’assoupissement au travail. Si certaines firmes ont adhéré au projet, la plupart n’ont pas encore franchi le cap. A contrario, en Suède, le temps de sieste figure dans les accords d'entreprise à hauteur de 20 minutes par jour et par employé.

En France, enfin, la situation est mitigée. Globalement, dans les start-up et les entreprises technologiques, la sieste au travail est encouragée. Ces jeunes sociétés sont sensibles au bien-être et à la qualité de vie au travail (QVT) de leurs employés. Facebook en est un bon exemple. En revanche, dans les secteurs de l’industrie, la finance ou encore la grande distribution, la micro-sieste est moins répandue. Selon un sondage Opinion Way de 2016, seuls 12% des responsables sont favorables à sa pratique dans l’entreprise.


Si la micro-sieste en entreprise s’est démocratisée en Europe ces dix dernières années, il reste quelques efforts à faire avant qu’elle soit pleinement acceptée. Les mentalités doivent encore évoluer et certains managers demandent à être convaincus. Pourtant, la sieste au travail est un placement très rentable pour les entreprises. Hausse de la concentration, de la productivité, de la créativité…les bienfaits sont multiples. Dans la culture asiatique, la carrière professionnelle est prioritaire. Malgré tout, les entreprises chinoises et japonaises encouragent la micro sieste au bureau depuis des décennies. Simple philanthropie ? Non. L'instauration de cette pratique n’est pas un coût, mais un investissement. Vous êtes sensible à la qualité de vie au travail de vos employés ? Vous souhaitez leur permettre de recharger leur batterie pendant leur pause déjeuner ? Découvrez le Bulloscope, mobilier de sieste en entreprise. Véritable bulle de bien-être dans vos locaux, notre cabine en bois naturel est équipée d’un siège ergonomique. Grâce à notre application, vos collaborateurs pourront choisir de se reposer ,mais aussi de se relaxer, se centrer ou encore…se booster. Alors, prêts pour une expérience sensorielle unique ?


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